Nous bénissons à Souccot les quatre espèces. Elles composent la mitsva du loulav. Chacune de ces variétés désigne une classe de notre peuple.
L’étrog est un fruit à l’odeur sublime et au goût exquis. Il représente ceux qui s’emploient à l’étude de la thora et à l’accomplissement des mitsvots. Le loulav est une branche issue d’un palmier. Il a un goût mais n’a pas d’odeur. Il incarne ceux qui s’adonnent à l’étude de la thora sans chercher à accomplir des mitsvots.
Dès lors pourquoi la bénédiction réalisée sur ces quatre espèces n’évoque que le loulav ? Il aurait été plus juste qu’elle mentionne l’étrog ? Lui qui a toutes les qualités. L’étude de la thora et l’accomplissement des mitsvots !
Le traité Soucca (37b) justifie le choix du loulav dans la bénédiction des quatre espèces par le fait que cette plante est la plus grande des quatres variété présentes.
Pour autant sa grandeur n’est pas que physique. La H’assidout souligne l’élévation qu’un homme connaît lorsqu’il s’unit à D… grâce à l’étude de la thora. Cette symbiose avec le créateur ne peut être atteinte à travers l’accomplissement des autres mitsvots.
Pourquoi cette différence ?
En saisissant un raisonnement intellectuel issu de la thora, l’homme a la possibilité de mêler son cerveau aux enseignements de D… L’union est si intense qu’il ne sera plus possible de dissocier l’idée comprise du cerveau qui s’en imprègne.
Pour autant ces hommes qui étudient avec intensité la thora accomplissent aussi les mitsvots. Pour autant ce second mérite n’est pas mentionné. Seule l’étude de la thora est retenue à leur actif, lorsque nous les comparons au « Loulav ». Quelle est la raison ? Faire une mitsva n’est pas leur premier désir.
Leur première aspiration va à l’étude de la thora. C’est pourquoi ils sont représentés par le loulav qui n’a qu’ un goût et pas d’odeur.
Ces personnes se distinguent du reste du peuple juif par la part de temps plus importante qu’ils consacrent à l’étude. Ils s’unissent ainsi plus puissamment à D… . C’est pourquoi nos sages ont désiré louer à travers la bénédiction sur les quatre espèces l’effort de ces hommes durant toute l’année.
Nous sommes maintenant plus à même de comprendre le choix des mots « Al nétilat loulav - prendre le loulav » pour bénir les quatres éspèces.
Que D… fasse qu’en cette année 5768 où Yom Kippour est tombé pour la troisème fois depuis la création du monde un chabbat, dans une année de chemita et comprenant 13 mois (méoubéret). La première fois ayant été l'année du don de la Thora et la deuxième à la sortie d'Egypte. Qu’elle soit aussi l’année où L’Eternel nous enverra le juste Machiah’.
Issu d’un Discours du Rabbi de Loubavitch – Likoutei Sih’ots Vol IV
La fête de Souccot doit son nom à la mitsva que nous avons de siéger dans la soucca durant les sept jours de féstivités. Pour autant cette célébration véhicule d’autres mitsvots qui lui sont spécifiques. La mitsva du loulav où quatre espèces sont unies pour ne faire qu’un seul bouquet en fait partie. Malgré tout c’est la mitsva de résider dans la soucca qui a été retenue pour désigner le troisième moment où les enfants d’israël montaient à Yerouchalayim pour voir le Beth Hamikdach.
Quelle est la raison ?
« Vivre dans la soucca » se distingue des autres obligations propres à Souccot par le temps que nous devons lui consacrer. Nous devons y manger, y dormir et même y recevoir nos amis durant les sept jours de festivités. De par elle-même la soucca doit être construite avant Souccot.
Par contre la mitsva du « loulav » ne nous prend chaque jour qu’un court moment. Ce bouquet peut même être préparé durant Souccot.
Pour autant la vraie raison qui permet à la fête de Souccot de porter le nom de la mitsva de la « soucca » est la suivante. En y vivant nous sommes enveloppés par ce commandement durant l’ensemble des sept jours !
Le traité Yebamot (63a) enseigne qu ‘un homme se sent accompli grâce à la maison où il habite. Que ce soit au moment où il y demeure ou lorsqu’il est à l’extérieur.
Durant les sept jours de souccot nous puisons notre fierté dans notre ralliement à cette « habitation provisoire » qu’est la soucca. C’est donc d’une mitsva que nous tirons notre force.
Le traité Avoda Zara (3a) souligne qu’habiter dans la « soucca » est une mitsva facile à réaliser. Cette démarche ne nécessite pas d’attention ou de compréhension particulière. Il nous est juste demandé de faire de cette « maison provisoire » notre chez nous.
La H’assidout nous offre une lecture plus profonde de cette affirmation talmudique. En prenant la décision d’être les défenseurs acharnés des commandements de l’Eternel durant toute l’année, la largesse se déposera dans toutes nos entreprises. Cette déclaration s’appuie sur les propos du talmud (Avoda Zara 3a) : « La soucca (comme tous les autres commandements) est un commandement (qui amènera par sa réalisation) la facilité (dans tout) ! ».
Que D… fasse que les nombreux préparatifs à la fête de Souccot nous permettent de vivre dès aujourd’hui la venue de notre juste Machiah’.
Issu d’un Discours du Rabbi de Loubavitch – Likoutei Sih’ots Vol II - Fête de Souccot.